« Krasna » est un mot désignant « beau » et « rouge » dans plusieurs langues. En français, le mot ne veut rien dire. Il produit un choc léger par rapport à nos habitudes, éveille des sensations, excite la langue. Peut-être ce que nous cherchons sur un plateau de théâtre.

« L’autre tigre », installation vidéo de Jean Doroszczuk,  première au FID Marseille 2018.

« Si bleue, si bleue la mer », de N-M Stockmann, mise en scène Manon Worms, création au Shakirail, Paris, 2015. 

HISTORIQUE

L’association Krasna est fondée en 2016 suite à une résidence de création de trois mois à la Worm Gallery de Valparaiso (Chili), par Jean Doroszczuk, Malgorzata Rabczuk (artistes visuels) et Manon Worms.
En résidence dans cet espace d’art contemporain partagé, les trois jeunes artistes créent deux courts-métrages, El Hormiguero, documentaire fictionnalisé réalisé avec les habitant.e.s de l’immeuble hébergeant la Worm Gallery, et Laberinto, fiction tournée à Valparaiso et dans le désert d’Atacama au nord du Chili.

Krasna vit de premières années nomades sous forme de collectif transdisciplinaire, voyageant entre théâtre, vidéo, performance, art sonore, France métropolitaine et outre-mer, Pologne, Chili, Corée du Sud ou Italie.

L’association se restructure en 2020, année confinée, et Krasna jette l’ancre à Marseille, mutant en compagnie de théâtre destinée à porter les projets de Manon Worms, qui en assure la direction artistique. L’empreinte de ces premières années de vie reste fondatrice pour la compagnie, soucieuse de créer des alliances entre les pratiques, les pays.

La compagnie rejoint les réseaux artistiques et militants de sa ville, ses lieux de culture, de lutte, de solidarité, suscitant des porosités entre les lieux des arts vivants et ceux du travail social, de la médiation, du soin.
Les spectacles trouvent leur source sur ce travail de terrain, croisé avec des lectures-chocs, et un ensemble d’artistes aux univers et aux engagements politiques communs pour les droits des minorités.

Les combats liés aux pratiques des genres et des sexualités, les luttes politiques des minorités retravaillées par les expériences intimes, et la façon dont l’écriture, la mise en jeu et en corps, peuvent donner de la force à ces liens, sont les principaux terrains de recherche de la compagnie.

« L’autre tigre », installation vidéo de Jean Doroszczuk,  première au FID Marseille 2018.

« Si bleue, si bleue la mer », de N-M Stockmann, mise en scène Manon Worms, création au Shakirail, Paris, 2015. 

HISTORIQUE

L’association Krasna est fondée en 2016 suite à une résidence de création de trois mois à la Worm Gallery de Valparaiso (Chili), par Jean Doroszczuk, Malgorzata Rabczuk (artistes visuels) et Manon Worms. En résidence dans cet espace d’art contemporain partagé, les trois jeunes artistes créent deux courts-métrages, El Hormiguero, documentaire fictionnalisé réalisé avec les habitant.e.s de l’immeuble hébergeant la Worm Gallery, et Laberinto, fiction tournée à Valparaiso et dans le désert d’Atacama au nord du Chili.

Krasna vit de premières années nomades sous forme de collectif transdisciplinaire, voyageant entre théâtre, vidéo, performance, art sonore, France métropolitaine et outre-mer, Pologne, Chili, Corée du Sud ou Italie.

L’association se restructure en 2020, année confinée, et Krasna jette l’ancre à Marseille, mutant en compagnie de théâtre destinée à porter les projets de Manon Worms, qui en assure la direction artistique. L’empreinte de ces premières années de vie reste fondatrice pour la compagnie, soucieuse de créer des alliances entre les pratiques, les pays.

La compagnie rejoint les réseaux artistiques et militants de sa ville, ses lieux de culture, de lutte, de solidarité, suscitant des porosités entre les lieux des arts vivants et ceux du travail social, de la médiation, du soin. Les spectacles trouvent leur source sur ce travail de terrain, croisé avec des lectures-chocs, et un ensemble d’artistes aux univers et aux engagements politiques communs pour les droits des minorités.

Les combats liés aux pratiques des genres et des sexualités, les luttes politiques des minorités retravaillées par les expériences intimes, et la façon dont l’écriture, la mise en jeu et en corps, peuvent donner de la force à ces liens, sont les principaux terrains de recherche de la compagnie.

À propos du non-quotidien :

les spectacles et leur fabrique

Au plateau, il y a de la beauté : celle des images, des lumières, des voix, des mots, des visages et des présences.

Il y a de l’énergie, celle des performances dont sont faites nos vies et qui portent nos gestes (manifestations, carnavals, fêtes, défilés, rituels, concerts, enterrements, retrouvailles ou adieux…).
Il y a des fictions qui côtoient ces gestes, entre mots et silence. De l’image, vidéo ou scénique, de l’adresse, du dialogue, et des spectacles jamais très longs – juste le temps de dissoudre certaines frontières. La beauté fait liant entre la force politique d’un corps ou d’un texte dissident, travestit ce qui est dans ou hors d’un plateau. Les spectacles sont l’occasion de vivre un moment singulier et précieux, un saut hors du stream et des algorithmes. Le public se découvre organisme vivant, collectif, éphémère, non-assigné à une place préconçue, ce qui est déjà un choc, une promesse d’espoir. À l’origine d’un spectacle, le coup de dents d’une intuition venue surprendre ta chair – une figure et ses mots, ses corps. Un rougissement, un rugissement, qui te prend ; l’emmener avec toi, bleuie par l’hématome et la grâce qu’il a laissé en toi, et l’offrir à un groupe réuni pour en faire quelque chose. Les phrases sont des brûlures, la scène permet leur incandescence, des corps changent sous nos yeux, nous crient ou nous murmurent des mots d’amours. À ce sang qui gicle des phrases d’un·e autre, mêler nos cicatrices. Nos mémoires. Notre humour. Construire des scénos ni tout à fait nues, ni monumentales, qui nous font de la place, entre ombre et lumières. Les outils se mélangent pour avancer le plus possible ensemble et à l’horizontale : c’est un jeu, aux règles résolument tirées des pensées de la marge et de la minorité, une enquête sur nous et sur vous, en espérant la rencontre.  

À propos du quotidien

Mais il n’y a pas que jouer et répéter. Les travaux et les jours de Krasna, c’est aussi…

… pousser la porte d’un local associatif, celles d’un atelier partagé où on pose nos affaires en intermittence, franchir les portiques d’une Maison d’arrêt, d’un collège, prendre les ascenseurs des locaux de la Ville de Marseille, du centre LGBT, de la Cité des Associations ou ne rien franchir du tout et rester travailler chez soi en chaussettes.

Lumière : bascule des lampes cosy du théâtre de la cité rue Rostand aux néons gélatinés de la Cômerie, des guirlandes du hall de la Criée aux fluos froid d’une salle de la Friche.

Sons : le ronronnement d’un bus qui roule jusqu’à Aix-en-Provence, lampadaires des allées de l’hôpital Montperrin pour arriver au 3bisF ou du campus de l’amU pour arriver au Cube – Antoine Vitez, d’un moteur qui nous emmène jusqu’à Martigues ou Cavaillon, Ménerbes ou Aubagne. Visio-conférences, groupes de travail, appels à projets, plannings et dossiers. Retrouver les trains pour aller à Paris, à Lyon, en Suisse ou en Haute-Marne. Manifestations, AG, ateliers, écriture en studio, sur un coin de table ou sous le soleil.
Dénominateurs communs : rire et découragements, moments suspendus quand on se livre, quand on dépasse sa peur. Relier les points. Tous et toutes celleux qui nous frôlent, nous regardent, nous inspirent pour inventer la suite. Y chercher ce qu’on n’a pas encore vu, qu’on trouvera un jour. « Aux Absents », tag des supporters de l’OM côtoient les « Tu n’es pas seule » sur les murs de la ville. Krasna parle des absences et des liens, des voix voisines ou lointaines – on trouve la joie dans l’ombre, toujours vers les pleins feux.

À propos du non-quotidien :

les spectacles et leur fabrique

Au plateau, il y a de la beauté : celle des images, des lumières, des voix, des mots, des visages et des présences.

Il y a de l’énergie, celle des performances dont sont faites nos vies et qui portent nos gestes (manifestations, carnavals, fêtes, défilés, rituels, concerts, enterrements, retrouvailles ou adieux…).
Il y a des fictions qui côtoient ces gestes, entre mots et silence. De l’image, vidéo ou scénique, de l’adresse, du dialogue, et des spectacles jamais très longs – juste le temps de dissoudre certaines frontières. La beauté fait liant entre la force politique d’un corps ou d’un texte dissident, travestit ce qui est dans ou hors d’un plateau. Les spectacles sont l’occasion de vivre un moment singulier et précieux, un saut hors du stream et des algorithmes. Le public se découvre organisme vivant, collectif, éphémère, non-assigné à une place préconçue, ce qui est déjà un choc, une promesse d’espoir. À l’origine d’un spectacle, le coup de dents d’une intuition venue surprendre ta chair – une figure et ses mots, ses corps. Un rougissement, un rugissement, qui te prend ; l’emmener avec toi, bleuie par l’hématome et la grâce qu’il a laissé en toi, et l’offrir à un groupe réuni pour en faire quelque chose. Les phrases sont des brûlures, la scène permet leur incandescence, des corps changent sous nos yeux, nous crient ou nous murmurent des mots d’amours. À ce sang qui gicle des phrases d’un·e autre, mêler nos cicatrices. Nos mémoires. Notre humour. Construire des scénos ni tout à fait nues, ni monumentales, qui nous font de la place, entre ombre et lumières. Les outils se mélangent pour avancer le plus possible ensemble et à l’horizontale : c’est un jeu, aux règles résolument tirées des pensées de la marge et de la minorité, une enquête sur nous et sur vous, en espérant la rencontre.  

À propos du quotidien

Mais il n’y a pas que jouer et répéter.
Les travaux et les jours de Krasna,
c’est aussi…

…pousser la porte d’un local associatif, celles d’un atelier partagé où on pose nos affaires en intermittence, franchir les portiques d’une Maison d’arrêt, d’un collège, prendre les ascenseurs des locaux de la Ville de Marseille, du centre LGBT, de la Cité des Associations ou ne rien franchir du tout et rester travailler chez soi en chaussettes.

Lumière : bascule des lampes cosy du théâtre de la cité rue Rostand aux néons gélatinés de la Cômerie, des guirlandes du hall de la Criée aux fluos froid d’une salle de la Friche.

Sons : le ronronnement d’un bus qui roule jusqu’à Aix-en-Provence, lampadaires des allées de l’hôpital Montperrin pour arriver au 3bisF ou du campus de l’amU pour arriver au Cube – Antoine Vitez, d’un moteur qui nous emmène jusqu’à Martigues ou Cavaillon, Ménerbes ou Aubagne. Visio-conférences, groupes de travail, appels à projets, plannings et dossiers. Retrouver les trains pour aller à Paris, à Lyon, en Suisse ou en Haute-Marne. Manifestations, AG, ateliers, écriture en studio, sur un coin de table ou sous le soleil.
Dénominateurs communs : rire et découragements, moments suspendus quand on se livre, quand on dépasse sa peur. Relier les points. Tous et toutes celleux qui nous frôlent, nous regardent, nous inspirent pour inventer la suite. Y chercher ce qu’on n’a pas encore vu, qu’on trouvera un jour. « Aux Absents », tag des supporters de l’OM côtoient les « Tu n’es pas seule » sur les murs de la ville. Krasna parle des absences et des liens, des voix voisines ou lointaines – on trouve la joie dans l’ombre, toujours vers les pleins feux.